En 2026, l’externalisation des fonctions RH n’est plus perçue comme une simple optimisation budgétaire. Ce choix devient un véritable outil de performance et de sérénité pour les entreprises françaises confrontées à une réglementation complexe et à une digitalisation accélérée.
Dans un entretien exclusif, Liva Saholy Rakotoasimbola, gérante de KENTIA-RH SA et directrice des ressources humaines du groupe Kentia, détaille les attentes réelles des donneurs d’ordres et les solutions concrètes que le nearshoring malgache apporte en 2026.
Issue d’un parcours en sociologie complété par une formation en ressources humaines, elle a bâti son expertise autour d’une conviction forte : placer l’humain au cœur de la performance. Son ambition est double : garantir le respect et la valorisation des collaborateurs tout en proposant aux entreprises des solutions RH efficaces qui leur permettent de se recentrer sur leur cœur de métier. Aujourd’hui, KENTIA-RH accompagne sociétés et organisations dans l’optimisation de leurs fonctions RH avec une approche à la fois humaine, stratégique et orientée résultats.
L’externalisation RH, un levier stratégique bien au-delà de la réduction des coûts
Les entreprises françaises scrutent de plus en plus Madagascar pour ses talents digitaux et sa proximité opérationnelle. Toutefois, l’externalisation de la gestion RH permet avant tout à l’entreprise d’agir en totale conformité légale, tout en gagnant un temps précieux.
Comme le souligne Liva Saholy Rakotoasimbola, « le fait de faire externaliser la gestion RH, cela assure le fait que l’entreprise agisse dans la conformité totale au niveau légal ou encore vis-à-vis de la loi ».
Elle libère les équipes internes des tâches administratives lourdes – paie, déclarations, documents – qui, lorsqu’elles sont gérées en interne, pénalisent souvent la dimension humaine : accompagnement, anticipation des départs à la retraite ou besoins en formation.
Les besoins exprimés par les clients sont globaux, de A à Z : recrutement, intégration, gestion de paie, déclarations et suivi RH complet. Sur le terrain, le passage à l’externalisation se déclenche généralement par deux facteurs majeurs.
D’abord, la volonté des DRH ou responsables RH de se recentrer sur les enjeux stratégiques en déléguant la partie opérationnelle. Ensuite, un déclic lié à des difficultés concrètes : erreurs de paie, irrégularités de déclarations ou manque de fiabilité.
L’externalisation devient alors « une solution fiable pour sécuriser et structurer la gestion RH ». Au final, elle apporte surtout de la sérénité aux clients en leur permettant de se concentrer sur des décisions humaines et stratégiques, soutenues par des indicateurs concrets.
Les besoins des entreprises françaises : expertise locale et présence sur place
Les entreprises françaises qui externalisent leurs RH recherchent bien plus qu’une simple prestation de paie ou de recrutement. Elles attendent un ensemble large : expertise réelle, fiabilité et, surtout, une présence locale maîtrisée.
Certaines sociétés pourraient gérer ces aspects en interne, mais elles choisissent l’externalisation « pour vraiment bénéficier d’une vraie expertise et gagner en fiabilité ».
La valeur ajoutée de KENTIA-RH réside précisément dans sa présence à Madagascar. Liva Saholy Rakotoasimbola insiste : « Notre valeur ajoutée, c’est surtout notre présence locale. Nous maîtrisons l’environnement du travail à Madagascar, ses exigences, ses outils et ses réalités, et cela nous permet d’apporter un accompagnement plus pertinent, exactement, et adapté, avec ce petit plus de terrain qui fait toute la différence. »
Les clients français ont besoin non seulement de la gestion RH, mais notamment d’un représentant sur place capable d’incarner leurs intérêts et de fluidifier les échanges quotidiens.
Une entreprise d’externalisation RH se positionne ainsi comme le partenaire local qui accompagne de bout en bout : du recrutement à l’intégration, en passant par la paie et le suivi. Cette proximité opérationnelle transforme l’externalisation en une relation de confiance durable, loin d’une simple sous-traitance distante.
Madagascar, destination nearshore de plus en plus attractive pour les talents digitaux
Face au Maroc, à la Tunisie ou à l’Europe de l’Est, Madagascar gagne du terrain dans le nearshoring RH grâce à un équilibre unique. La législation du travail y est exigeante et la situation politique parfois changeante, mais ce cadre renforce précisément les bonnes pratiques.
Liva Saholy Rakotoasimbola met en avant « la rapidité de montée en compétences des équipes, l’engagement, la flexibilité et bien sûr […] un très bon rapport qualité-prix ». Cet équilibre rend la destination de plus en plus compétitive.
Les profils les plus recherchés par les clients français sont clairement orientés digital. « Le profil le plus souvent recherché actuellement […] c’est surtout dans le domaine TIC-TC, c’est-à-dire tout ce qui se rattache au digital : développement web, marketing digital, tout ça. » Madagascar répond efficacement grâce à ses jeunes talents issus des universités, dotés de fortes compétences techniques et d’une grande facilité d’apprentissage dans ces domaines.
Dans un contexte de digitalisation mondiale, les entreprises françaises trouvent donc à Madagascar non seulement des coûts compétitifs, mais surtout une agilité et un engagement qui accélèrent les projets. Le nearshoring RH y devient un atout stratégique pour qui veut combiner proximité culturelle, compétences pointues et réactivité.
Freins à l’externalisation RH et solutions concrètes pour une flexibilité sécurisée
Malgré ses atouts, l’externalisation RH rencontre encore des freins. Le premier concerne le turnover. Les collaborateurs peuvent hésiter face à un employeur distant, avec des doutes sur le cadre légal, le contrat de travail ou l’accès aux avantages sociaux (CNAPS, OSTIE).
Liva Saholy Rakotoasimbola explique que KENTIA-RH lève cet obstacle par un service de portage salarial : « Cela permet même pour des profils freelance de bénéficier d’un statut clair, d’un contrat de travail local et d’une couverture sociale conforme. »
Un second frein, plus opérationnel, porte sur la connexion internet et l’électricité. Pour garantir la fluidité, l’entreprise propose un espace de coworking adapté, calme et équipé de connexions haut débit.
Les entreprises recherchent par ailleurs une flexibilité croissante – décalage horaire, méthodes de travail, agilité opérationnelle. À Madagascar, cette flexibilité est déjà un état d’esprit naturel chez les équipes et les freelances.
La sécurité juridique repose sur un cadre clair : fiches de poste strictement définies et usages limités à ce qui est prévu. L’ensemble s’inscrit dans une logique de conciliation et de collaboration étroite. Ainsi, les solutions locales transforment les freins potentiels en véritables leviers de performance, offrant à la fois agilité et conformité.